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Le syndrome des jambes sans repos est un effet secondaire des antidépresseurs de seconde génération
Par Yves Dauvilliers (CHU de Montpellier)
Article commenté :
Restless legs syndrome as side effect of second generation antidepressants.
Rottach KG et al.
J Psychiatr Res. 2008 May 9. [Epub ahead of print]
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Les relations entre la prise d’antidépresseur, la dépression elle-même et la présence du syndrome des jambes sans repos (SJR) restent incertaines à ce jour, avec beaucoup d’études contradictoires sur ce sujet. Les antidépresseurs sont-ils responsables du SJR, un facteur aggravant ou au contraire un traitement améliorant les symptômes du SJR ?
Cette étude s’est intéressée à cette problématique en étudiant de façon prospective via 5 psychiatres une population de 271 patients, sur un an, traités pour la première fois par un antidépresseur (de seconde génération incluant les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine - fluoxetine, paroxetine, citalopram, sertraline, escitalopram -, de la noradrénaline - reboxetine -, ou mixte de la recapture de noradrénaline-sérotonine - venlafaxine, duloxetine -, et un peu à part la mirtazapine).
Les résultats retrouvent 9% (24 sur les 271 patients) des patients avec un SJR qui est apparu ou s’est aggravé sous antidépresseurs (AD), pouvant ainsi être considéré comme un effet secondaire du traitement (AD). Peu d’effet classe a été retrouvé, toutefois la fréquence du SJR sous mirtazapine semble plus prononcée (28% des patients) et moins sous reboxetine. Globalement, la probabilité d’induire ou d’aggraver un SJR pour les autres AD était de 5 à 10%. A noter que seuls 23 des patients de cette étude présentaient un SJR avant la mise sous AD et seulement 3 (13%) d’entre eux se sont aggravés sous AD. Un autre résultat intéressant était la survenue extrêmement précoce du SJR après l’instauration de l’AD, à savoir une médiane de 2,5 jours (extrême 1 - 23 jours). Enfin, ni la pathologie sous-jacente (dépression et/ou anxiété), l’âge, ou le sexe n’intervenaient clairement pour le risque de développer un SJR sous AD.
Cette étude permet ainsi de préciser que le risque de développer un SJR sous AD est globalement de moins de 10% (en dehors du traitement par mirtazapine et reboxetine) et surviendrait tôt après l’instauration de ce dernier, ce qui permettra ainsi à l’avenir de mieux prendre en charge et surveiller ces patients le plus souvent difficile.
Date de publication : 19-05-2008
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